Introduction 

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Vous avez une idée à réaliser, mais vous la gardez en état de veille, car vous « n’osez pas la formuler à haute voix ».Vous faites alors ce que bon nombre de gens font, vous mettez tout cela en veilleuse et continuez à suivre le quotidien. Au lieu de laisser éteindre cette flamme, il faut la rallumer. Il fut une époque où on mettait tout cela en veilleuse, mais elle est révolue. Disparue. Aujourd’hui, on montre ses talents et ses capacités. On ne les laisse plus cachés. Un peu de cran voyons, un peu de courage ! Ne mettez pas vos qualités au fond d’un tiroir, ne dites pas non, mais continuez à avancer. Si en plus vous avez un(e) partenaire avec qui partager votre projet, cela est merveilleux.

La génération de nos arrières grands–parents, celle des années d’auparavant où l’époque fut rude, où il n’y avait pas tout ce modernisme, où le garde champêtre faisait encore entendre sa voix en annonçant dans les rues du village et à haute voix : « Écoutez »   est révolue.

Mais pour commencer mon livre, je raconte une histoire d’un jour des années 1950 ; celle-ci me tient à cœur car l’ambiance de cette ancienne époque laisse rêver.

La deuxième histoire, et qui est plus près de nous, se passe en 1980. Elle donne un aperçu qu’avec l’ambition « d’avoir un plus dans sa vie » on peut aller loin, très loin. Elle montre qu’avec de la volonté, de la persévérance d’avoir toujours un but dans la vie, on a plaisir d’y laisser sa marque.

Ce récit et le livre entier sont purement fictifs et imaginés, mais à travers ces historiettes, je veux montrer que ce qui est capital pour tous est d’avoir un objectif. On dit bien sûr que ce qui est important pour l’un, ne l’est pas spécialement pour l’autre. A première vue, oui, mais à la « base » on se ressemble beaucoup. Nous avons tous de l’importance.

En exerçant différents métiers, à différents degrés, les gens traversent la vie sans réfléchir, oublient les « petites choses de la vie » qui font qu’elle est jolie. Des gens qui profèrent combien il est important de continuer à bien gérer son quotidien afin d’avancer dans sa vie.

 

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Le mariage… Année 1950

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Le narrateur : Pendant la saison d’hiver, les rues de ce village sont désertes. La neige tombe sans arrêt. Une vraie avalanche. Au bout d’un quart d’heure, il y a déjà dix centimètres de neige, et les enfants jouent sans crainte. Ils ne se préoccupent pas des quelques voitures qui traversent le village, ils glissent avec leurs sabots sur la chaussée, et lancent des boules de neige. Pour les distractions, on se donne rendez-vous au bistrot du coin. On y discute, et des heures après on en ressort en dégringolant l’escalier d’entrée. On est ivre, on a un coup dans l’aile. Une fois dans la rue, on zigzague, mais cela n’est pas grave puisque la circulation est moindre. Nous sommes en 1950. Et en ce temps-là, on croyait beaucoup aux superstitions, les croyances, les interdits et j’en passe.

 

La coutume veut qu’il y ait des préparatifs pour les jours de fêtes, comme celui du père Noël qui, accompagné du père fouettard, traverse le village prêt à faire peur aux tout jeunes qui ne sont pas sages. En fait, il s’agissait de deux personnes déguisées, l’une en père Noël, et la deuxième en père fouettard tenant un fouet dans ses mains, histoire d’impressionner les enfants. Il ne se servait pas de son fouet qui faisait plus décoration qu’autre chose. C’est pour cela qu’il posait des questions aux jeunes, et s’ils ont été sages toute l’année, ils recevaient des bonbons. C’était comme cela en ce temps-là. Que de souvenirs ! Et Noël, qui pour beaucoup est l’une des plus belles fêtes. La crèche sous le sapin qui annonce la venue du messie. Et Pâques, où il faut bien chercher dans le grenier le nid rempli d’œufs, « où peut-il être caché ? ».

Vous allez me demander : Pourquoi écrivez-vous sur le passé ? La réponse est toute facile  Je veux vous raconter un grand moment, une journée spéciale et inoubliable pour une jeune fille. C’est le jour où elle se marie, et pour être plus précis c’est un vingt-huit février mille neuf cent cinquante. La demoiselle en question prie le ciel pour que ce jour le soleil soit au rendez-vous, que tout le monde soit heureux, chante, danse. C’est un grand jour pour la jeune personne qui a trouvé son âme soeur.

Et elle se dit :

- J’enterre ma vie de jeune fille, et j’ai pleine confiance en mon avenir. Une fois mariée, tout changera. Je ferai en sorte que tout baigne.

Le narrateur : Aujourd’hui donc, Valérie se réjouit pour ce grand jour, rien ne doit être laissé au hasard. Cependant elle n’oublie pas son autre activité, celle d’aller faire le repassage chez le prêtre. Surprise de voir la porte du presbytère fermée, elle prend son vélo et parcourt les ruelles du village en espérant le voir. Il doit être au village pour visiter les personnes âgées pense-t-elle,  ou peut-être se promène-t-il avec son bréviaire sous les bras. Au bout d’un moment, elle s’écrie « Ah ! Le voilà ».

Les villageois aiment bien cette jeune fille. Pas fière du tout, travailleuse comme tous les gens de l’époque, elle essaie de se rendre utile, fait tous les efforts pour que son monde soit heureux. Elle s’adonne 100% à cette tâche, mais pour l’instant c’est son mariage qui prime. Tout doit être parfait. Pleine de dynamisme, elle envoie des cartes d’invitations à toute la famille ainsi qu’à ses amies. Elles sont mêmes envoyées deux fois plutôt qu’une et à six mois d’intervalle !

Plus que quelques semaines, plus que quelques jours, et déjà c’est le samedi tant attendu qui est là. Malheureusement la météo n’a pas l’air de participer à cette fête, puisque le ciel se couvre. Il y a tellement de nuages, le ciel entier est gris. Les invités s’apprêtent à ouvrir leurs parapluies pour faire partie du long cortège de quatre vingt dix personnes.

En tête de file se trouve la future mariée tenant son père par le bras et marchant vers l’église. Finie l’enfance, finie la maison de ses parents, dorénavant c’est le domicile conjugal qui va avoir la priorité, se dit-elle. J’en profite encore de tenir par les bras mon paternel, car dans une heure tous me diront « Madame ».

Marchant dans la rue et obligée de traverser la grande place pour se rendre à l’église, elle se demande si l’orchestre est déjà sur le lieu. Et l’apercevant de loin, un beau sourire se dessine sur son visage. Elle se dit alors : les musiciens sont déjà là ! Et elle s’adresse à son père :

- C’est l’orchestre des pompiers. Et son père de dire :

- Je les ai déjà vus,  ils sont sûrement là, car ton mari leur a demandé de venir. Ils joueront pour vous dans une heure, après la cérémonie. Enfin, je crois et puis, ils s’échauffent tout doucement déjà. Écoute leurs flûtes. Tu verras, ils formeront un cercle vous obligeant à passer au travers.

- C’est quoi cela ? demande Valérie.

- C’est comme le jour où ta copine s’est mariée. Tu étais aussi invitée non ?

- Oui c’était très joli ce jour-là.

- Comme aujourd’hui quoi ! reprend son père.

Sourire de sa fille. Enfin, il n’y a pas de raison d’avoir peur pour que ce jour soit manqué, tous se sont très bien préparés d’avance.

 

Le narrateur : A peine dit, voilà que le temps commence à s’éclaircir, les rayons de soleil font de nouveau leur apparition. Maintenant le cortège pénètre dans l’église, et une heure après, voilà les mariés ressortant de l’église. Et sur la grande place qui entoure l’église, ils sont complimentés, recevant de tous des mots de courage, beaucoup de bonheur, et les meilleurs voeux. Les recommandations aux jeunes mariés suivent. On leur dit : « Maintenant c’est à vous de jouer, d’ajouter votre grain de sel. » Ou des questions comme : « Quelle est votre ambition pour les années à venir ? ». La réponse ne se fait pas attendre puisque la jeune femme répond :

- La première tâche, c’est de construire un joli nid pour nous deux. Même s’il faut aller loin, dans une autre région.

Son amie répond :

- Mais vous ne pouvez donc pas quitter votre village comme cela, toute votre famille est encore dans ce coin.

 

Le narrateur : La fanfare des pompiers joue, des villageois regardent le spectacle, des bicyclettes s’arrêtent et acclament nos mariés, et les proches ont tellement de questions que la discussion suit son cours. Et bien sûr de nouveau à la queue leu leu, en cortège, ils s’en vont rejoindre leurs amis qui les attendent à l’auberge, ceux qui n’ont pas voulu assister à la messe, des amis, des collègues de travail qui ne sont là que pour l’apéritif, mais impatients de savoir comment tout cela s’est déroulé. Et comme il est d’usage que la mariée porte une longue robe, les demoiselles d’honneur doivent la soulever pour que madame puisse monter les marches d’escaliers de cette auberge. A l’intérieur, l’ambiance est à son comble, tous s’amusent, la moitié est déjà assise à l’immense table qu’a préparée l’aubergiste. Dans cette grande salle, se trouve un coin pour l’orchestre qui commence à jouer un air de Tino Rossi. Bref, la soirée bat son plein, et à minuit la lumière s’éteint. Le noir total pendant une minute, puis la lumière revenue, tout le monde s’écrit : « Les mariés ont disparus ! ». Suspense, où sont-ils ? Tout simplement la tradition de cette époque veut que les jeunes mariés quittent la salle à minuit pour passer leur nuit nuptiale.

Heureusement que j’ai demandé à parler au jeune couple « avant leur disparition soudaine » afin de leur poser la question : que voulez-vous faire réellement ?

Ceux-ci m’ont répondu :

- Nous n’avons pas l’intention de partir. Nous voulons acheter un terrain près du village et construire une belle maison. Mais chut, ne le répète pas encore s’il te plaît.

Sur cela, je prends mon copain à part et lui dit :

- Voilà tu es marié, c’est un autre épisode de ta vie que tu entames. Créer une famille à soi, mettre ses enfants sur le droit chemin par l'instruction, le savoir, pour qu'ensuite ils aillent vers les autres, voilà ton rôle.

Je me permets de te donner deux conseils : Ne fais pas bande à part, il y aura toujours des gens qui diront, regardez il n’est pas sociable, mais ne t’en occupe pas, suis ton chemin et fais ce qui te semble juste à toi et à ta femme. C’est votre univers, votre monde à vous et tant pis pour les autres. Et le deuxième est : N’écoute personne d’autre que ta femme et toi. Ne laisse pas divaguer tes pensées. Jusqu’à présent jamais rien d’autre n’a remplacé l’honnêteté, alors reste comme tu es, une personne sérieuse.

Tout est donc pour le meilleur des mondes, eux restent au village, alors que moi, eh bien, je veux partir ailleurs, dans une région lointaine espérant que cela fortifiera mon caractère.

 

20 ans après. Aujourd’hui laissant errer mes pensés, je me dis que j’aimerais revoir mes amis d’antan. Mais comme nous devons suivre le courant de la vie, je me suis laissé entraîner par celui-ci, j’ai moi-même créé une famille mais dans la région voisine, j’ai changé de coin. J’ai un garçon, une fille, tous deux adolescents. Peut-être qu’un jour le hasard de la vie me mettra de nouveau en face de mon vieux camarade de classe, je ne sais pas, mais qui sait ce que la vie nous réserve comme surprises. Je m’imagine alors, qu’ils auront changés, les cheveux blancs auront remplacé leurs beaux cheveux bouclés.

Mon ventre commence à rétrécir, j’ai un coup de nostalgie pour revoir mes vieux amis, voir ce qui s’est déroulé entre-temps pendant que j’ai fait ma vie ailleurs. Chose promise, chose due, le week-end prochain, je me rendrai au village. Et c’est comme cela que, trois jours après, je marche dans les ruelles de mon village natal. C’est ainsi que, comme un promeneur du dimanche, je remarque que ma petite ville s’est agrandie. Mais surprise, revoilà ce jeune couple d’alors, mais qui a bien sûr, les cheveux gris. Je me dis qu’ils n’ont guère changé. Ils ont l’air de bien se porter, d’être amoureux comme au premier jour. Et pour plaisanter je leur dis : « Tiens revoilà les amoureux de toujours. » Vous au moins vous êtes restés fidèles aux voeux de mariage ». Vous vieillissez bien ensemble.

Et je leur demande :

- Avez-vous réalisé votre rêve, avez-vous cette belle maison ?

- Non seulement on en est propriétaire, mais nous ne voyons pas les années passer tellement la vie nous réussit. Mais viens, nous allons te la montrer.

Marchant sur la petite passerelle qui traverse la rivière, nous atteignons la hauteur de la colline.

Mon camarade de classe reprend la parole :

- C’est la maison qui se trouve avant le tournant, tu la vois là- bas ?

- Quoi, tu veux dire en pleine verdure ?

Et arrivés à proximité, mon camarade m’invite à rentrer.

 

Le narrateur : L’intérieur de la maison fait rêver. Tout est en marbre. La forme de la baignoire est arrondie, les robinets en or. Les lustres, on dirait que ce sont des diamants, et question propreté, rien n’est laissé au hasard. Tout est méticuleusement rangé.

Mon ami me dit :

- Tu vois nous, nous avons pensé notre vie comme cela. Avoir une raison d’être, un objectif, le poursuivre et le résultat se traduit aujourd’hui par une belle maison. Travailler la semaine pour que le dimanche nous puissions suivre le jour du Seigneur en allant à la messe et en participant à la chorale. Puis avec l’âge je ferai un travail bénévole pour une maison de retraite, ou si le prêtre me le permet, je préparerai une petite conférence pour dire aux gens comment est la vie. Bref, nous voulons participer aux activités de notre village alors que nous sommes encore jeunes, pas quand nous serons trop vieux.

Depuis notre mariage nous ne manquons aucune occasion pour participer aux réunions, à l’association du village, ni aux fêtes religieuses. On dit toujours qu’à Noël, Pâques, etc. les magasins sont pleins de jouets, c’est vrai, mais pour nous ce sont des jours où nous pensons, méditons, prions. Je me dis toujours que Dieu regarde le fond de la personne et non les apparences extérieures. Tu sais, sur cette terre il faut travailler, alors autant faire comme tous, non ?

- En fait, toi tu as travaillé à la sueur de ton front, et pour toi c’est cela monter l’échelle de ta vie. Alors que moi, bien que j’aie travaillé manuellement, je me suis instruit et j’ai pu écrire deux livres. Savoir laquelle des deux façons est la bonne est inutile, puisque chaque personne croit que la sienne est la meilleure.

Le narrateur : L’effet de surprise ne se fait pas attendre quand je leur montre le fruit de mon travail de ces dernières années. Et ils me disent :

- Mais tu n’étais jamais le genre à entreprendre quelque chose. Tu avais du mal à t’orienter. Et maintenant tu écris un livre ?

Je leur réponds :

- A une époque, j’encourageais plus les autres, plutôt que de donner un coup de pouce à moi-même qui me prenais trop à la légère. Je ne savais pas encore comment me sortir du trou où je me trouvais. Cela c’était à l’époque de notre adolescence. Et avec le temps on change non ? Alors je dis qu’on croit connaître quelqu’un, mais c’est une erreur. En tout cas pour moi cela compte, car j’ai dû me cramponner à la vie et tirer le meilleur des situations. Et c’est comme cela que j’ai pu écrire ce livre. Je me suis caché ma vraie nature qui est faite de talent, de qualités, de gentillesse, d’honnêteté, que je n’ai  jamais extériorisés. Et puis j’ai appris. Je me suis instruit.

Mon copain d’enfance reprend alors la parole :

- Ce qui veut dire, que tu as trouvé comment sortir du trou (toujours d’après ton expression) ?

- J’ai ramé de très nombreuses années dans le noir pour enfin voir la lumière.

Puis son épouse me dit :

- Pendant que vous bavardez ensemble, je lis ce livre et je l’aurais terminé d’ici deux heures. Peux-tu attendre aussi longtemps encore ?

- Mais bien sûr, et tu peux même le garder quelques jours.

- Non, non. Si tu attends, tu le reprends avec toi.

Je reprends la parole :

- Il te semble bizarre que j’écrive, mais je me suis dit : Si je laisse écrire mon livre par quelqu’un d’autre, je ne fais pas de progrès, mais si c’est moi qui l’écris, j’apprends des choses sur moi-même. Je n’aurais pas fait semblant. Cela me permet également de travailler sur ma personne en espérant me forger un caractère plus épanoui, plus fort. On croit savoir écrire, mais dès qu’on montre son texte à une personne qui a de l’expérience dans ce domaine telle qu’une secrétaire, celle-ci aperçoit des fautes là où moi je ne les vois pas. En ce sens, oui, des personnes m’ont aidé. Je n’ai fait que l’école primaire.

Après m’être attardé chez eux pendant une heure, le «verdict» de madame tombe :

- Tu l’as effectivement écrit, c’est bien ta façon à toi. Tu le dis comme tu le penses. Mais tu sais, tout le monde a des souvenirs. Tous peuvent dire, «Te souviens-tu ? ». Il y a toujours un « Te souviens-tu de ce temps-là ? ». Tes parents le disaient, tes arrières, arrières grands-parents aussi.

 

Pour clore cette histoire imaginaire et pourtant si près de notre quotidien, je veux encore dire que la vie est drôle, bizarre, ce que l’on a cru un jour impossible, quelque temps plus tard, devient envisageable, pour finalement faire partie de la réalité. On s’aperçoit aussi qu’importe le lieu où l’on vit, on veut toujours revenir, rien que pour un jour, au point de son départ. Tout le monde aime rêver, se revoir dans sa jeunesse et se demander que sont devenus les amis d’enfance. Donc, avec le recul, je suis à l’écoute de moi-même  et vois si j’ai avancé ou non.

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